The Chatham School Affair


Chatham est un petit village du Cape Cod où tout le monde connaît tout le monde et chacun, ou

presque, passe son temps à épier l’autre.

C’est dans ce monde refermé sur lui-même et étouffant que débarque l’étrangère : Miss

Channing. Professeur d’art plastique, Miss Channing est la nouvelle recrue de M. Griswald, directeur

du collège privé local.

Longtemps, longtemps après, Henry, le fils Griswald devenu avocat, se souvient de cette arrivée et

de ses conséquences : une bouffée d’air frais d’abord, une romance discrète ensuite, sur fond de

murmures grandissant, une terrible tragédie enfin, dont Henry est désormais seul à connaître la raison.


Une bouffée d’air frais

Miss Channing, que M. Griswald et son fils ont installée dans son nouveau domicile, Milford

Cottage, près des eaux sombres du Black Pond, n’a pas grand-chose en commun avec les habitants de

Chatham. Elle a parcouru l’Europe et vécu en Afrique où son père lui a communiqué un appétit de

liberté dont elle ne peut plus déprendre.

À son contact, Henry est charmé. Et se découvre bientôt la même inclination. Sa vie ne sera pas

celle, trop rangée, ennuyeuse à en mourir, de son père ! Il ne rêve plus, lui aussi, que d’évasion.


Une romance et des murmures

C’est alors que paraît Leland Reed. Leland est professeur de lettres. Plutôt original dans son

genre. Il s’installe avec son épouse Abigail et sa fille Mary de l’autre côté du Black Pond.

Comme il habite près du Milford Cottage et qu’il possède, lui, une vieille guimbarde, il offre à

Miss Channing de la conduire au collège.

De ce rapprochement fort pratique naît une amourette qui se mue bientôt en romance. Discrète

d’abord, elle se fait plus visible à mesure qu’elle gagne en ardeur.

Henry, que la transgression séduit désormais, en est le témoin heureux. Si heureux qu’il est prêt à

tout pour servir cette idylle et assurer le bonheur des deux amants.

Mais il est bien le seul, à Chatham, à se vouloir complice d’une fréquentation illicite. Autour de

lui, les soupçons font place aux murmures, à la réprobation, l’indignation et pour finir la damnation.

Miss Channing n’est qu’une traînée ! On plaint Mme Reed.


L’œil de la populace devient insoutenable. Il faut prendre une décision. Leland doit choisir.

Mais Leland n’en a pas la force. Miss Channing a compris. Puisqu’il se sent lié par le devoir, elle rompt

avec lui. D’un coup. Et disparaîtra.


Une terrible tragédie

L’école est finie. Nous sommes près du Milford Cottage. Une vieille guimbarde surgit. Elle

fonce, dérape, soulève une jeune femme, avant de s’enfoncer dans les eaux noires du Black Pond.

Personne ne remonte des profondeurs de l’étang. La jeune femme, quant à elle, est mortellement

blessée.

Pourquoi cette tragédie ? Et celle qui suit de peu : un suicide dans les eaux de la marina ?

À cause d’un malentendu, apprend-on bientôt.

Oui, tout cela pour un simple malentendu ! C’est la vérité que finit par découvrir Henry. Et qu’il

nous livre discrètement peu de temps après que s’est éteinte Miss Channing dans la cellule où l’avaient

injustement expédiée un procureur et des jurés iniques au terme d’un procès à charge seulement.


Ce que j’ai aimé

Quelques personnages. Miss Channing, bien sûr. Jolie, discrète, cultivée, sensible, indomptable.

La souriante Sarah aussi, jeune servante amoureuse d’Henry qui veut apprendre à lire pour s’ouvrir

d’autres horizons que le sien. Et puis M. Griswald. Un peu terne au début —comment peut-on être si

conservateur, si vieux jeu ? Mais qui, dans l’adversité, se révèle et nous conquiert par sa douceur, sa

bienveillance, sa sympathie, sa générosité.

Quelques descriptions aussi. Comme celles du village, du Milford Cottage et de ses environs ou

du bord de mer.

Le dialogue entre M. Parsons, le procureur, et les témoins appelés à la barre.

Le style de l’auteur. Un livre bien écrit, qui, très vite, vous happe et vous retient. Parce que vous

comprenez vite qu’il se terminera mal, mais que vous ne savez toujours pas comment ni pourquoi.

Et puis, le message. La soif de liberté que finissent par étouffer convenances et contraintes

sociales. Le désir fou qu’éteint le regard des autres. Le rêve qui se fracasse sur le réel. Les gens bien qui

rentrent chez eux contents d’avoir maté l’importun, exclu le gêneur, tué l’autre.

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